Une entreprise qui ne raconte que sa création produit une chronologie. Fondation, transformation, vision : les 3 récits qui créent l'attachement, prouvent l'évolution et donnent envie de suivre, avec les questions pour écrire chacun.
En bref. Le storytelling d'entreprise repose sur 3 récits complémentaires. Le récit de fondation explique pourquoi l'entreprise existe et crée l'attachement. Le récit de transformation montre ce qu'elle a appris et prouve sa capacité à évoluer. Le récit de vision dit où elle va et donne envie de la suivre. Une entreprise qui ne raconte que sa création produit une chronologie, qui informe sans retenir l'attention.
Sur quoi repose cet article. Il traite du récit de l'entreprise, qu'il soit publié sur son site, sur sa page entreprise ou par son dirigeant. Les histoires personnelles du dirigeant font l'objet de notre guide du storytelling LinkedIn pour dirigeants. La méthode présentée est celle de We Ynspire, agence de communication éditoriale B2B.
Demandez à une entreprise de raconter son histoire, et vous obtiendrez souvent la même chose : une date de création, quelques étapes de croissance, la situation actuelle. Sur la page « Notre histoire » du site comme dans les publications du dirigeant, le récit prend la forme d'une frise.
Une chronologie a pourtant un défaut : elle dit ce qui s'est passé sans dire pourquoi c'était important. Le lecteur en retient des dates, rarement ce que l'entreprise défend, ce qu'elle a compris ou l'endroit où elle veut aller. Le storytelling d'entreprise consiste à remplacer cette frise par plusieurs récits, qui ont chacun une fonction précise.
Une histoire retient l'attention quand elle contient une tension : un problème, un obstacle, une décision difficile. La chronologie n'en contient aucune, parce qu'elle aligne les événements au même niveau. La création de l'entreprise, l'ouverture d'un bureau et le lancement d'une offre y pèsent le même poids.
Elle a un second défaut : elle ne parle que du passé. Un client qui choisit un prestataire veut savoir d'où vient l'entreprise, mais aussi si elle sait apprendre et vers quoi elle se dirige.
D'où l'intérêt de distinguer 3 récits, qui répondent chacun à une question différente :
Ensemble, ils forment une architecture narrative. La fondation dit d'où vient l'entreprise, la transformation montre ce qu'elle a appris, et la vision explique où elle veut aller.
Le récit de fondation répond à une question : pourquoi l'entreprise existe-t-elle ? Sa fonction est de créer l'attachement, en montrant la conviction qui a précédé l'activité.
Il ne se limite pas à une date de création. Un récit de fondation complet contient 5 éléments : le problème initial, l'événement déclencheur, la conviction du fondateur, les premières difficultés et la promesse d'origine.
La différence entre une version faible et une version forte tient à la tension. Comparez ces 2 phrases :
La seconde dit quel problème l'entreprise est venue régler, et pour qui. C'est ce qui permet à un lecteur concerné par ce problème de se reconnaître dans le récit.
La page « Notre histoire » du site en est la place naturelle. Le récit de fondation se décline aussi en post du dirigeant, en interview du fondateur, en article de blog, en carrousel ou en vidéo courte.
Le récit de transformation répond à la question : comment l'entreprise a-t-elle évolué ? Sa fonction est de prouver sa capacité d'évolution. C'est souvent le récit le plus rassurant pour un client, parce qu'il montre une entreprise qui tire des leçons de ce qu'elle vit.
Il porte sur les changements du marché, les apprentissages, les erreurs, les nouvelles attentes des clients, l'évolution de l'offre et les décisions abandonnées.
Sa tension tient souvent en une phrase : « Nous pensions que…, mais nous avons découvert que… ». Elle peut aussi prendre la forme d'un aveu : « Notre première solution ne répondait pas suffisamment au problème. »
Ce récit gagne en crédibilité quand il s'appuie sur un élément vérifiable : un avant et un après, une donnée, un témoignage client, une décision précise, une erreur reconnue ou un résultat observable. L'étude de cas en est la forme la plus complète, parce qu'elle documente une situation de départ, une décision et ce qui a suivi.
Exemple fictif : une société de conseil qui vendait des audits ponctuels constate que ses clients reviennent avec les mêmes difficultés quelques mois plus tard. Elle renonce à l'audit seul pour proposer un accompagnement dans la durée. Son récit de transformation raconte ce constat, la décision d'abandonner une offre qui se vendait bien, et ce que les clients y ont gagné. C'est beaucoup plus convaincant qu'une phrase sur « l'évolution de notre offre ».
Étude de cas, post avant et après, témoignage client, coulisses d'un projet, vidéo d'évolution ou carrousel « erreurs et enseignements ».
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Prendre rendez-vous →Le récit de vision répond à la question : quel futur l'entreprise veut-elle contribuer à construire ? Sa fonction est de donner envie de la suivre, aux clients comme aux candidats et aux partenaires.
Le piège est connu. Une vision trop générale, du type « devenir la référence de notre marché », ne dit rien. Une vision trop ambitieuse ressemble à une promesse que personne ne pourra vérifier.
Une vision crédible relie 3 éléments : un constat sur ce qui ne fonctionne plus, le futur souhaité, et la contribution concrète de l'entreprise à ce futur. Elle précise quel changement l'entreprise veut provoquer, pour qui, et quel problème doit disparaître.
Pour la rendre tangible, rattachez-la à quelque chose qui existe déjà : une action engagée, un indicateur de progrès, une décision récente, une nouvelle offre, ou un engagement pris envers les clients et les équipes.
Manifeste, lettre ouverte, vidéo du dirigeant, post prospectif, série de contenus sur le futur du métier, article de fond, ou prise de parole sur une tendance.
| Récit | Fonction | Question | Exemples de contenus |
|---|---|---|---|
| Fondation | Créer l'attachement | Pourquoi existons-nous ? | Origine, fondateur, premier client, conviction |
| Transformation | Prouver la capacité d'évolution | Qu'avons-nous appris ? | Avant et après, erreur, nouveau service, cas client |
| Vision | Donner envie de suivre | Où allons-nous ? | Futur du métier, manifeste, engagement, ambition |
Chaque récit compense une faiblesse des autres. Une entreprise qui ne raconte que sa fondation paraît figée dans son origine. Une vision qui ne s'appuie ni sur une fondation ni sur une évolution racontée ressemble vite à un slogan.
Une façon simple de les faire vivre consiste à les répartir sur le mois. À titre d'exemple :
La troisième semaine a son importance. Un récit d'entreprise qui ne parle jamais de l'actualité de son marché finit par sembler hors du temps.
Cette répartition est un point de départ, à adapter au rythme de publication réel. L'essentiel est qu'aucun des 3 récits ne disparaisse pendant plusieurs mois.
Avant chaque publication, une décision simplifie l'écriture : quel récit est-ce que je mobilise ? Les autres questions en découlent.
| Élément | La question à se poser |
|---|---|
| Récit mobilisé | Fondation, transformation ou vision ? |
| Lecteur visé | Est-ce que j'écris pour un client, un candidat, un partenaire ou un investisseur ? |
| Tension | Quel problème, quel obstacle ou quelle décision difficile ce contenu raconte-t-il ? |
| Preuve | Sur quel fait vérifiable est-ce que je m'appuie ? |
| Bénéfice pour le lecteur | Qu'est-ce qu'il comprendra de l'entreprise après m'avoir lu ? |
La grille complète de préparation d'une publication est détaillée dans notre article sur la communication du dirigeant sur LinkedIn.
Ces 3 récits sont une grille de lecture, pas une formule. Une jeune entreprise aura peu de matière pour un récit de transformation, et c'est normal : un récit de fondation solide vaut mieux qu'une évolution racontée pour la forme.
La méthode ne remplace pas les faits. Un récit de transformation sans erreur reconnue ni résultat observable reste une affirmation. Il en va de même d'une vision qui ne s'appuie sur aucune action déjà engagée.
Enfin, raconter son histoire suppose de vérifier ce qu'on publie : les dates, les chiffres, les clients cités et l'accord des personnes nommées.
Le storytelling d'entreprise consiste à raconter l'histoire d'une entreprise sous forme de récits plutôt que de faits alignés.
Partez des 3 questions qui structurent son histoire : pourquoi elle existe, ce qu'elle a appris, et où elle veut aller. Chaque récit gagne à contenir une tension, c'est-à-dire un problème, un obstacle ou une décision difficile, plutôt qu'une simple suite de dates.
Le récit fondateur, ou récit de fondation, explique pourquoi une entreprise a été créée. Il contient le problème initial, l'événement déclencheur, la conviction du fondateur, les premières difficultés et la promesse d'origine.
Commencez par le récit de fondation : le problème que l'entreprise est venue régler et pour qui. Ajoutez ensuite un ou 2 moments de transformation, puis terminez par la vision. Une frise de dates peut accompagner le texte, sans le remplacer.
Oui, quand l'erreur a produit un apprentissage. Une erreur reconnue est l'un des éléments qui rendent un récit de transformation crédible, parce qu'elle montre une entreprise capable de corriger sa trajectoire.
En reliant un constat sur ce qui ne fonctionne plus, le futur souhaité, et la contribution concrète de l'entreprise. La vision devient tangible quand elle s'appuie sur une action déjà engagée ou un indicateur de progrès.
Le storytelling d'entreprise raconte l'organisation : son origine, son évolution, son cap. Le storytelling du dirigeant raconte son parcours, ses décisions et ses convictions personnelles. Les 2 se complètent, et le dirigeant peut porter les récits de son entreprise sur son profil.
Aucune fréquence ne s'impose. Une base simple consiste à consacrer une semaine par mois à chaque récit, avec une semaine réservée à une prise de position sur le présent. L'important est qu'aucun récit ne disparaisse durablement.
Oui. Elle dispose surtout d'un récit de fondation et d'un récit de vision. Le récit de transformation viendra avec les premières leçons, et il vaut mieux attendre d'avoir une vraie évolution à raconter.
C'est le travail de We Ynspire : écrire les récits de votre entreprise et de son dirigeant, à partir de ce que vous avez réellement vécu, sans rien publier sans votre validation. On écrit pour vous, sans penser à votre place.
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Fatoumata Diakite
Fondatrice de We Ynspire. Elle écrit sur LinkedIn pour des dirigeants et entrepreneurs B2B, en IT et en finance.
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